
Notre rencontre du vendredi 19 juin nous permettra tout d’abord d’entendre Nicolas Robert, psychologue clinicien et maître de conférences en psychopathologie clinique à Aix-Marseille Université. À partir d’une pratique clinique en rue et en milieu carcéral, l’intervention de Nicolas Robert reviendra sur une phrase entendue – celle d’un appel adressé à l’Autre qui reste sans réponse : on appelle et ça ne répond pas – et interrogera ses effets ainsi que la clinique qu’elle engage.
Ce premier temps de discussion sera suivi d’une rencontre avec Marlon Miguel, docteur en philosophie et beaux-arts et chercheur associé à la Bauhaus-Universität Weimar, où il co-dirige la recherche “Madness, Media, Milieus. Reconfiguring the Humanities in Postwar Europe”. Cette rencontre sera l’occasion de discuter avec lui autour de son livre sur les écologies de l’humain, publié en 2024 au Rio de Janeiro.
La pensée pionnière de Fernand Deligny qui, depuis la fin des années 1930, se consacra à un travail avec des jeunes dits « anormaux », puis délinquants, et enfin à des enfants autistes non-verbaux – bref, s’intéressant à ce qui fut posé et exclu comme étant radicalement « autre ». Sa réflexion porte sur ces corps humains – « réfractaires », dit-il, à toute image préfabriquée, à toute matrice définissant « l’humain » en tant que tel.
Comment ne pas s’imposer à l’humain, ne pas l’assimiler, au nom de l’adéquation, de l’ajustement, de la norme abstraite ? C’est dans ce champ qu’il structure sa critique de la « semblabilisation », qui fait disparaître l’autre en le rendant semblable, comme le font les différentes pratiques correctives ou assimilatrices. La proposition politique de Deligny est de créer un lien avec cet individu « atypique » et d’établir un commun possible, tant pour lui que pour le sujet « normal ».
La modernité européenne a produit des définitions universalistes et excluantes de l’humain. Deligny reconnaît l’importance de la différence et de la singularité, et sa réflexion n’est ni une philosophie de l’altérité radicale, ni une pensée post-humaniste, mais une pensée des écologies de l’humain.
Le travail de Marlon Miguel sera discuté par Keren Alcantara, Manon Piette et Felipe Saavedra.
Vous êtes tous bienvenus, à partir de 19h, à ce séminaire-débat qui aura lieu dans la salle de séminaires de la bibliothèque de la Maison Heinrich Heine/fondation de l’Allemagne, à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Pour toute information pratique cliquez ici.
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